Rodolphe Mathieu |
RODOLPHE MATHIEU est né à Grondines près de Québec le 10 juillet 1890. Comme plusieurs de ses collègues de l'époque, il s'impliqua dans plusieurs aspects de la vie musicale, soit la composition, la pédagogie, l'écriture et l'interprétation (pianiste). Il quitte la campagne à l'âge de 16 pour s'installer à Montréal et y acquérir des connaissances de base en musique. C'est avec Alfred Laliberté qu'il découvre les théories et la musique du compositeur Scriabine. La Chevauchée et la Sonate de Mathieu furent influencées par le compositeur russe.
Dès 1907, Mathieu est organiste à l'Église Saint-Jean-Berchmans et donne des leçons de piano, de solfège, d'harmonie et de contrepoint à des futurs lauréats du Prix d'Europe dont Wilfrid Pelletier et Auguste Descarries. C'est sous l'influence des cours d'Alexis Contant qu'il décide de s'orienter définitivement vers la composition. Grâce à une bourse recueillie par ses amis, il part pour Paris en 1920. Il étudie avec Vincent d'Indy et Louis Aubert la composition et l'orchestration. Sa mélodie Un peu d'ombre (1913) fut chantée aux Concerts Lamoureux à Paris en 1926 et à Londres par Sara Fischer.
Premier boursier du Gouvernement du Québec, il prolonge son séjour en France jusqu'en 1927. De retour à Montréal, il se remet à l'enseignement, écrit encore quelques oeuvres et se consacre surtout à la carrière de son fils André (pianiste).
Sans être sérialiste, car il dénonce avec vigueur cette façon d'écrire, sa musique s'applique à fuir la tonalité, à éviter les répétitions. Fortement intéressé par les constructions rigoureuses, les microstructures organisées, Mathieu veut également laisser libre cours à l'expression postromantique.
On peut aisément affirmer que la musique de Rodolphe Mathieu s'inscrit dans le courant de la nouvelle musique canadienne. Son nom a été donné à une avenue du nord-est de Montréal en 1965, quelques années après son décès dans cette ville le 29 juin 1962.
1992